LES VINS DU FLEUVE, Dominique Ducreau, Oenologue
Groupement de vignerons de Bourgogne/Beaujolais travaillant les sols et vendangeant à la main.
Pour les puristes, le terme négociant n'est pas valorisant mais Olivier Merlin le revendique sans ambiguïté car 40% de sa production vient de raisins achetés à des vignerons. Pire, il n'impose pas de cahier des charges car il préfère investir sur la relation humaine, sur l'ouverture d'esprit de ses fournisseurs partenaire plutôt que d'imposer des méthodes de culture qui ne rencontreraient pas l'approbation des vignerons. « Il nous a fallu plusieurs années, mais notre fournisseur de raisin en Viré-Clessé est en conversion bio parce qu'il a compris lui même que non seulement le vin n'en serait que meilleur, mais que la vigne et le vigneron se porteraient mieux.»Plus écolo qu'Olivier et Corinne Merlin, tu meurs ! Qui aujourd'hui laisse en jachère des terres à vigne pendant 5 à 6 ans afin d'éradiquer les maladies du sol ? A ma connaissance, deux domaines du Mâconnais pratiquent cette technique ancestrale issue d'une époque révolue, celle de la polyculture. Cependant le label bio n'est pas revendiqué car nous sommes en région septentrionale avec une climatologie incertaine et des pressions de maladie fortes.
Depuis sa création en 1987, le domaine est progressivement passé de 4,5 ha à 14 ha avec comme fil conducteur l'envie de bien faire, d'exploiter au mieux les terroirs progressivement acquis. Tous les fondamentaux sont respectés, travail des sols, biodiversité dans les nouvelles plantations, vendange manuelle en caisse et sélection de vieilles vignes pour les achats de raisins.
Les vins du Mâconnais sont certainement sous estimés, nos grands terroirs calcaires n'ont pas à rougir devant ceux du secteur de Meursault, mais l'histoire est plus présente en Côte d'Or, Cluny périclitait au XIIéme pendant que Citeaux rayonnait. Après avoir révélé de grands terroirs comme « Les Cras » à la Roche Vineuse où « Le Grand Bussière » en Saint-Véran, la curiosité naturelle d'Olivier Merlin l'a poussé vers les crus du Beaujolais en achetant plusieurs parcelles de Moulin à Vent.
Les modes de culture sont adaptés à la parcelle mais respectent le sol et la plante avec comme souci premier d'avoir de bons plants de vigne, quitte à arracher plutôt que de travailler une sélection de souches hasardeuse.
Le chai est équipé de trois pressoirs afin de ne pas faire attendre la vendange. Les vinifications sont très traditionnelles. Pas de levurage ni d'enzymage sur les moûts de chardonnay, les fermentations en blanc sont conduites en barriques avec des élevages longs. Le pinot noir est travaillé à la bourguignonne, égrappage, cuvaison adaptée au millésime alors que le gamay est travaillé à la beaujolaise, en grappes entières. Les élevages en rouge sont longs, les vins font souvent deux Pâques avant d'être mis en bouteille. C'est le terroir qui s'exprime dans les vins d'Olivier Merlin, le vigneron n'est là que pour le révéler.

















