LES VINS DU FLEUVE, Dominique Ducreau, Oenologue
Groupement de vignerons de Bourgogne/Beaujolais travaillant les sols et vendangeant à la main.
La production était vendue en vrac au négoce local jusqu’en 1989, date à laquelle nous reprenons la propriété. Depuis, la superficie n’a pas variée mais la part des appellations régionales a baissé pour privilégier l’AOC Givry.Avec 8.5 hectares répartis à 25% en blanc et 75% en rouge, nous prenons le temps de bien nous occuper des vignes. Nous pourrions revendiquer 8 climats avec une parcelle de Beaune 1er cru « Les Champs Pimont » mais nous pratiquons l’assemblage des appellations villages pour ne produire qu’un vin rouge en Givry et un en blanc sous la dénomination « Haut Colombier ». En revanche, tous les premiers crus sont revendiqués. C'est en 2005 que nous avons repris le travail des sols, que mon père pratiquait, lorsque nous avons pu investir dans des charrues, des interceps et un tracteur pour butter, débuter et griffer les vignes. Les racines superficielles ayant été coupées, la vigne est repartie dans les entrailles de la terre pour être en osmose avec le terroir.
La taille est adaptée aux objectifs de production avec 2 bourgeons sur le courson et 3 sur la baguette pour le Pinot afin d’étaler la végétation. Ébourgeonnage systématique et les années de « gros raisins » comme 2004 et 2005, on laisse un raisin par rameau avec un grand maximum de 8 par pied. Une fois le tri effectué, nous n'avons jamais de gros rendement, en 2007 par exemple, nous avons récolté 39 hl/ha en pinot noir. Le domaine est en lutte raisonnée en ayant abandonné les herbicides, les acaricides, la confusion sexuelle et nous adaptons notre intervention suivant la pression des maladies. Un de mes paramètres pour déterminer la date des vendanges, c’est l’acidité. Avec des rendements faibles, la maturité phénolique est toujours au rendez vous, mais le Ph ne doit pas être trop bas. Avec une petite équipe de 15 vendangeurs, nous trions les raisins à la vigne pour ne mettre en cuve que des raisins sains et bien mûrs.
Le pinot est refroidi à 12°c pour une cuvaison à froid de 3 à 5 jours, en fonction du millésime, puis les levures naturelles se réveillent, s’agitent lorsque la cuve monte autour de 32/33°c pour extraire la couleur. Quelques pigeages au pic de la fermentation, un décuvage autour de 25°c, même s’il reste des sucres, et vin de presse et de goutte fusionnent en cuve tampon pendant 8 jours avant d’être entonnés. Les vins séjournent un an en fûts, avec une rotation tous les 2 ans, soit 50% de fûts neufs, puisque la chauffe est modérée.
C’est plus simple en chardonnay puisque après le départ en fermentation, avec nos levures autochotones, nous remplissons nos fûts dont 1/3 sont neufs. Nous n’intervenons que pour remettre les lies en suspension au cours de l’élevage qui ne dépasse pas l’année. Les vins sont filtrés avant la mise car nous souhaitons qu’ils aient une certaine brillance.
Je cherche à élaborer des blancs ouverts lorsqu'ils sont jeunes, flatteurs et qui se goûte bien rapidement. En rouge, je privilégie les beaux tanins, ceux de la peau, avec de la fraîcheur, de la vivacité des vins pas trop corsés, avec du fruit, beaucoup de fruit.








