LES VINS DU FLEUVE, Dominique Ducreau, Oenologue

ACTUALITES

Dégustation annuelle

Comme chaque année depuis 2005, nous organisons une fois par an en Bourgogne, une dégustation avec l'ensemble des vignerons Vins du Fleuve. Elle a toujours lieu après les décuvages du nouveau millésime et au domaine Chantal Lescure à Nuits.

Cette année, nous vous attendons le lundi 17 octobre 2011 à partir de 10 h pour venir rencontrer les vignerons et déguster les millésimes à la vente. Un buffet sera servi sur place.

La manifestation est réservée aux professionnels, vous pouvez vous inscrire sur l'adresse contact@lesvinsdufleuve.com

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Millésime 2010

En cette fin d’année 2010, il est maintenant possible d’avoir une idée du profil des vins de ce millésime dont peu de monde parle. Deux raisons à ce silence, la météo et Bordeaux.

Sur le premier point, la climatologie de 2010 nous ferait presque oublier le réchauffement climatique puisque l’été a été mitigé. C’est surtout le printemps qui a jeté un froid sur le vignoble puisque la floraison s’est étalée sur plusieurs semaines et n’a pas permis la fécondation de tous les boutons floraux. La coulure a provoqué une perte de 20 à 50% en fonction des secteurs et surtout des périodes de taille. En discutant avec les vignerons, on s’aperçoit que certaines parcelles taillées précocement sont parties en végétation plus tôt et leur floraison s’est effectuée dans une fenêtre favorable. La grêle dans certains secteurs a causé des dégâts et les parcelles touchées en fin de cycle végétatif ont du être ramassées plus tôt pour éviter la piqûre. Le vallon de St Aubin, puis la combe de Chassagne Santenay ont été affectés. Les vendanges se sont déroulées sous le soleil, fin septembre, et la maturité phénolique a été atteinte grâce à une petite récolte. En année pléthorique, la donne n’aurait pas été la même ! La plupart des domaines en rouge annoncent 1/3 en moins, soit entre 25 et 30 hl/ha.

Deuxième paramètre expliquant le silence sur le millésime 2010, c’est Bordeaux. Il a fallu avaler la « spéculation » des 2009 donc on n’a pas communiqué sur le millésime suivant qui se présente, d’après les spécialistes au moins aussi bien que 2009. Mais trop c’est trop, attendons Vinexpo 2011 pour établir une côte sur 2010, les asiatiques sont attendus au tournant. Dans ces pays lointains, la viticulture française est tributaire de la notoriété du millésime bordelais, et de l’influence des journalistes.

J’ai dégusté quelques rouges 2010 en cours d’élevage, malo faite ou pas, et je dois avouer qu’on retrouve une fraîcheur de fruit typique du Pinot, avec des tanins très mûrs, en harmonie avec la texture du vin. En blanc, l’équilibre sera plus proche de 2008 qui reste le dernier Grand millésime de blanc dans les vignobles septentrionaux, Bourgogne, Alsace, et Loire. Quoiqu’on en dise, l’acidité et le pH des vins restent des facteurs de qualité et de longévité.

A suivre...

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Pourquoi le millésime 2008 sera certainement meilleur que 2009

La presse a vendu 2009 avant les vendanges, tout le monde s’en souvient car nous avons abondamment profité du soleil en 2009. En revanche, ce que la presse, dite professionnelle, ne sait pas ou ne dit pas, c’est que

- la Bourgogne a eu les plus gros rendements depuis 1999
- le cycle végétatif de la vigne a été très court

Sur le premier point, sachant qu’il n’était pas nécessaire de sortir la table de tri en 2009, pas de problème, 1999 a été généreux mais les vins étaient de qualité, en blanc comme en rouge.
Sur le deuxième point, la vigne a amené les raisins à maturité trop vite. Plus le cycle végétatif est long, plus fins, délicats, subtils sont les vins, à condition qu’il y ai un minimum d’ensoleillement. Une récente étude parue dans la Revue des œnologues sur « les critères de qualité du raisin » explique qu’il y a une corrélation entre la vitesse d’enrichissement en sucre des baies et la qualité des raisins, donc des vins. Pour le Pinot Noir, l’optimum se situe à 24°c.

En 2008, nous étions plus proche de cette optimum de 24°c qu’en 2009. Il y a vingt ou trente ans, les vignerons n’auraient pas été en mesure de produire un 2008 charnu et équilibré. C’est le vent du nord de fin septembre qui a sauvé le millésime, heureusement faible en quantité grâce à la coulure. La table de tri était indispensable pour ce millésime. Bon nombre de viticulteurs déchantent sur les 2009 et trouvent que 2008 est un grand millésime classique, avec de la matière, une grande finesse aromatique et une vraie expression de terroir. A condition d’avoir été aux vignes !

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Millésime 2009 :

Au 1er septembre, tout le monde est dans les starting-block. Les vendanges ont débuté pour les élaborateurs de Crémant, les 20 mm de pluie des 25 et 26 août ont regonflé les raisins qui étaient pauvres en jus et qui titrent 12,5% en chardonnay dans les parcelles précoces. Début des vendanges le 3 septembre pour Jean-Marc Burgaud à Morgon, entre le 5 et le 8 en Mâconnais, Côte Chalonnaise et le 12 pour le domaine Lescure de Nuits St Georges. La presse ne manquera pas d'encenser le millésime mais il faudra nuancer les propos car les chaleurs excessives d'août ne favorisent pas la qualité des arômes ni la synthèse des anthocyanes. Des températures supérieures à 30° diminuent la photosynthèse et augmentent la respiration des feuilles. Ce phénomène réduit l'activité enzymatique et consomme sucres et acide malique au détriment de la grappe.

Le Pinot Noir est un cépage septentrional qui apprécie les différences de température entre le jour et la nuit, des journées lumineuses mais pas trop chaudes, surtout en fin de cycle végétatif. Il perd en finesse et subtilité pendant la canicule mais gagne en chair, en matière grâce à un taux d'alcool naturel élevé. Le choix de la date de vendange et les vinifications permettront aux vignerons d'exprimer leur talent. Ils ont en ce début de mois une matière première digne des grands millésimes. En Chardonnay, cépage plus plastique, les vins seront certainement très expressifs jeunes mais il ne faudra pas cueillir trop tard pour éviter des vins lourds comme 2006, des niveaux d'alcool qui masquent la fraîcheur, la minéralité. C'est le choix de la date de vendange qui déterminera l'équilibre des vins, à suivre bien que le millésime soit déjà garanti! En Gamay, le Beaujolais annonce un millésime au moins équivalent à 2005. La partie des crus qui a grêlé, notamment le vendredi 21 août, à du cueillir tôt pour éviter la pourriture, la piqure acétique. Heureusement le Gamay titrait déjà 12% mais la maturité phénolique était juste ! Ailleurs, c'est que du bonheur.

Les guides 2010 et revues de presse :

Les deux principaux guides sont en kiosque.

Bettane&Desseauve est élogieux pour les domaines Jean-Marc Burgaud, Olivier Merlin, François Raquillet et Clos Salomon en côte chalonnaise ainsi L. Muzard et fils et Lescure en côte d'or. Gérard Boulay à Sancerre est toujours très bien noté tandis que le domaine Cheveau à Pouilly, malgré 3 notes en Pouilly à 17/20 et une visite au domaine de la correspondante du guide, n'apparaît pas cette année.

Le guide vert de la RVF attribue cette année une * à Jean-marc Burgaud qui arrive ainsi à la côte des domaines Olivier Merlin et Chantal Lescure. François Raquillet, Clos Salomon et L. Muzard et fils sont également dans le guide qui vient de découvrir Gérad Boulay à Sancerre. Il était temps, ça fait plus de 10 ans que les vins sont, à mon avis, au niveau de Cotat, Vacheron ou Mellot en blanc. Que choisir de septembre s'intéresse aux vins et après une dégustation de 50 Bourgogne blanc du sud, sort les deux meilleures notes chez Olivier Merlin pour sa parcelle de « Grand Buissière » en Saint-Véran et « les Cras » en Mâcon-la Roche Vineuse.

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Pratiques culturales:
Les services de statistique du ministère de l'agriculture ont récemment publié une enquête de 2006/2007 sur les pratiques culturales dans le vignoble français. Puisque les vignerons du groupement revendiquent le travail du sol, donc plus d'herbicide, et la vendange manuelle, il me paraissait intéressant de positionner leur travail par rapport à la moyenne nationale.

Les herbicides :

Région viticolePart des surfaces désherbées chimiquement %
Alsace87
Beaujolais96
Bordelais89
Bourgogne79
Champagne97
Charentes97
Languedoc-Roussillon92
Provence-Alpes-Côte d'Azur79
Val de Loire91
Ensemble90

Avec la sud-est de la France, la région Bourgogne peut s'enorgueillir d'être la moins polluante pour les sols, les eaux de surface et souterraines, mais 4/5 des surfaces viticoles reçoivent encore des désherbants, souvent à base de glyphosate, plus connu sous le nom de commercial de Roundup, produit de la célèbre firme Monsanto.

Il faut prendre en considération que le coût d'un traitement chimique est de loin inférieur à celui d'un entretien mécanique (labour, griffage) mais qu'il est incohérent par rapport à un discours de vin de terroir !

La récolte :

Région viticoleManuelleMécanique
Alsace7327
Beaujolais746
Bordelais1981
Bourgogne4654
Champagne1000
Charentes496
Languedoc-Roussillon2575
Provence-Alpes-Côte d'Azur4356
Val de Loire1882
Ensemble3070

Si vous désirez connaître l'ambiance des vendanges, dépêchez vous, la part du vignoble récoltée à la main fond comme neige au soleil. En Bourgogne, les vignobles de blanc, Chablis et Mâconnais sont très mécanisés mais je ne serais pas un intégriste sur cette pratique. En revanche, en rouge, c'est incompatible avec une recherche de la qualité notamment dans des millésimes difficiles comme 2007 et 2008, où seul le tri des raisins permet d'obtenir des vins nets, aux arômes éclatants. Dans le Beaujolais, la machine est autorisée mais le vignoble n'est pas palissé pour la vendange mécanique et la macération semi-carbonique est incompatible avec la machine.
Source: www.agreste.agriculture.gouv.fr

Animation « Rencontre avec les Bourgognes » :
Le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne a lancé en 2008 une opération intitulée « Rencontre avec les Bourgognes » qui a permis à 180 cavistes d'accueillir en fin d'année un ou plusieurs vignerons pour animer une dégustation auprès du public. Le BIVB offre un kit de dégustation contre un engagement à se déplacer, n'hésitez pas à nous solliciter si vous souhaitez animer votre cave.

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Enquête sur les cavistes

Une récente enquête a dénombré 5 617 cavistes en France métropolitaine en 2008 dont 811 en région parisienne, 3 282 caves soit 58,4%, en zone urbaine contre 1 524 points de vente, soit 27,1% à l'extérieur des centres urbains, ce qui représente presque 73% des cavistes localisés en ville. Le nombre de caves a augmenté de 77 par rapport à 2007.

Avec 6 points de vente de plus dans le Calvados et 6 dans la Manche, la région Basse Normandie montre également un dynamisme étonnant pour une région éloignée des zones de production. Les 12 points de vente supplémentaires sont dans la Drôme, 10 dans les Alpes Maritimes comme en Côte d’Or, 8 en Maine-et-Loire et 7 dans la Marne.

La France compte un caviste pour 10 860 habitants avec des moyennes qui vont de 6 246 en Bourgogne à 24 065 dans le Nord Pas de Calais.
Les cavistes appartenant à des groupes représentent 15% des points de vente tandis que les indépendants sont 85%. La chaîne Nicolas compte 425 points de vente pour 370 adhérents à la FNCI.

Les cavistes ont rajeuni en 2008 avec une moyenne d'âge de 45 ans et la profession reste dominée par des hommes à 89%. La clientèle des cavistes est composée à
- 80% par des particuliers
- 9% par des entreprises
- 4,5% par le CHR et 6,5% en divers.
Le C.A. moyen des cavistes est de 383 000 € (l'enquête ne précise pas si c'est HT ).

Pour recevoir l'enquête complète, veuillez nous consulter

conception web - www.digifilms.fr